Devant un amphithéâtre plein, l'association Albin en partenariat avec l'ONG Ensemble Contre la Peine de Mort accueillait Ndume Olatushani, ancien condamné à mort dans le Tennessee, qui a partagé un témoignage poignant.
Jeudi 3 octobre 2024, l’École de Droit de Clermont-Ferrand recevait un invité un peu particulier : Ndume Olatushani a été détenu 28 ans dans le Tennessee, condamné à la peine capitale, il a passé vingt années dans les couloirs de la mort.
À l’occasion de l’anniversaire de la Loi portant abolition de la peine de mort en France, promulguée le 9 octobre 1981, l’Institut Droit Économie Management de l’Université Clermont Auvergne s’associait à Albin, association de réflexion sur et dans le milieu carcéral, pour l’introduction, le maintien et le partage du savoir universitaire, pour accueillir ce grand témoin et l’ONG Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM).
Devant un amphithéâtre entièrement plein, l’ancien condamné à mort et les représentantes d’ECPM ont témoigné de
la dure réalité de la peine de mort dans le monde entier. Un public, en grande majorité composé d’étudiants très attentifs et émus par le témoignage de Monsieur Olatushani, a pu échanger avec l’ancien détenu états-unien, lequel a expliqué que les juges avaient « mis moins d'une heure pour décider que j'étais coupable. », s’est exprimé sur le drame du suicide d’un ami détenu, ou encore a fait le récit des conditions de détention dégradantes qu’il a subies. L’après-midi, l’ONG, Monsieur Olatushani et différents bénévoles d’Albin s’étaient rendus au centre pénitentiaire de Riom afin de rencontrer une trentaine de détenus et des membres de l’Administration Pénitentiaire.
Ce même jour s’est tenu le vernissage de l’exposition « Grands visages de l’abolition de la peine de mort » réalisé par ECPM et édité par Albin, présente dans la galerie des amphithéâtres de l’École de Droit jusqu’au 15 octobre : de Victor Hugo en passant par Robert Badinter ou Olympe de Gouges, les prises de parole contre la peine capitale d’illustres personnalités permettent de saisir le drame humain de la mort lorsqu’elle est introduite dans l’ordre juridique.